À l’heure où l’école est confronté à des profils d’enfants de plus en plus singuliers, comment peut-on encore apprendre à apprendre ?

Apprendre à apprendre n’a jamais été aussi essentiel. Les enfants d’aujourd’hui deviendront des adultes évoluant dans un monde fortement marqué par l’intelligence artificielle. Le véritable défi ne sera plus pour eux d'accumuler des connaissances mais de savoir apprendre. Ils ont donc plus que jamais besoin de comprendre comment ils apprennent et quels outils utiliser pour réfléchir par eux-mêmes et développer leur esprit critique. Apprendre à apprendre, c’est aussi revenir aux fondamentaux : renforcer la confiance en soi, notamment scolaire, encourager la curiosité et stimuler l’envie d’apprendre. L’objectif n’est plus seulement de transmettre des connaissances, mais de donner à chaque enfant les outils qui lui correspondent pour apprendre efficacement et sereinement tout au long de sa vie.

On oppose généralement méthode Montessori et méthode traditionnelle. Les recherches en neurosciences actuelles permettent de mieux décrypter le fonctionnement du cerveau. Comment le système éducatif peut-il s’appuyer là-dessus ?


Les neurosciences montrent que l’apprentissage est plus efficace lorsque l’enfant est actif, motivé et en sécurité affective et émotionnelle. Plutôt que d’opposer la méthode traditionnelle et des pédagogies comme Montessori, il semble plus pertinent d’en combiner les points forts. D’ailleurs, de nombreuses recherches récentes confirment de nombreux fondements de la pédagogie de Maria Montessori. Les parents, quant à eux, n’ont pas toujours facilement accès aux connaissances issues des sciences cognitives sur les mécanismes de l’apprentissage. Pourtant, comprendre le fonctionnement du cerveau les aide à se sentir plus confiants et à adapter plus sereinement leurs pratiques éducatives.

Quel message voulez-vous envoyer aux parents parfois découragés par tel ou tel enfant ? Et aux enseignants qui se retrouvent face à des élèves avec des difficultés scolaires, affectives, etc. ?

Aux parents parfois découragés, il est important de rappeler que chaque enfant apprend à son propre rythme et développe des talents qui lui sont uniques. Les difficultés scolaires ne définissent ni la valeur ni l’avenir d’un enfant. L’essentiel est que l’enfant se sente aimé et valorisé pour ce qu’il est, et non seulement pour ce qu’il fait ou réussit. La confiance en ses capacités, les encouragements et la valorisation des efforts et des progrès sont des leviers clés pour nourrir son envie d’apprendre. Un enfant est d’abord un généraliste qui explore de nombreux domaines avant de devenir progressivement plus spécialiste. Le rôle des parents est justement d’accompagner cette évolution en valorisant les compétences qui lui sont propres. Aux enseignants, il faut aussi reconnaître la grande complexité de leur mission face à des élèves aux besoins variés : la confiance dans les capacités de l’enfant et l’adaptation des tâches à son niveau peuvent participer à le faire entrer dans un cercle vertueux. Renforcer les ponts entre l'école et les familles devrait être également une priorité.