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A propos de « Fascinante IA »

Nos auteurs signent un article : « Intelligence Artificielle : s’en servir sans s’asservir ! » et participent à un colloque au Luxembourg : « Liberté et intelligences artificielles : alliées ou rivales ? »

Clotilde Magne, 2019

Deux articles[1] et un colloque[2] ont récemment fait écho à l’ouvrage paru chez Boleine en juillet 2019 sous le titre « Fascinante IA »[3].

Sans se départir du style clair et du ton positif de leur ouvrage, Jacques PIGNAULT, Jean MAGNE, et Bertrand FOY, définissent l’IA et développent une réflexion sur son présent et son avenir.

« L’Intelligence Artificielle désigne tous les automatismes et systèmes techniques capables de reproduire tout ou partie de l’intelligence humaine, et plus généralement, ce qui analyse et (ou) réagit sans être de l’intelligence humaine ni animale. Couplée avec des systèmes mécaniques, elle donne naissance aux robots intelligents que nous côtoyons. »

L’homme a toujours souhaité augmenter ses capacités : « Ses moyens propres lui paraissant limités, sa quête d’amélioration le conduit naturellement à concevoir et à développer des outils lui permettant de :

  • Mieux faire (plus vite, moins cher, plus adapté) ce qu’il peut faire,
  • Faire ce qu’il ne sait (ou ne peut) pas faire. »

L’IA est alors considérée comme le moyen de créer un homme “augmenté”, c’est-à-dire : libéré, démultiplié, complété.

Les auteurs parcourent les différents secteurs dans lesquels se développe l’IA : habitat, transport, médecine, sport, mondes militaire, scientifique et industriel, commercial et administratif. Ils discernent et décrivent certains effets indésirables.

« De l’ensemble des analyses sectorielles réalisées, il apparaît que les écueils à consonance humaine à éviter peuvent être formulés comme des dégradations possibles dans les vies :

  • professionnelles (pertes d’emplois ou emplois sous contrôle d’un robot, suppression du dialogue et des échanges entre pairs, entre métiers, entre collaborateurs d’une même entreprise) ;
  • personnelles (pertes d’autonomie car assistance totale dans la vie courante, pertes des libertés par suivi permanent, délaissement du lien social réel pour le lien social virtuel) ;
  • familiales (transmission des valeurs) ;
  • spirituelles (perte de la place et du projet de l’homme dans l’univers) ».

La réflexion menée à la suite de cette analyse sectorielle conduit les auteurs à promouvoir la formation comme antidote à la mainmise d’un monde robotisé :

« Il transparaît de l’analyse effectuée que pour maîtriser l’IA, et notamment éviter le risque majeur d’évoluer vers une civilisation à deux vitesses, il est essentiel de nous former, d’adopter une démarche volontariste nous positionnant toujours en position dominante de supervision et d’adopter systématiquement une approche interrogative autour des questions clefs ».

Les auteurs discernent « sept questions clefs qui [nous] semblent devoir être en permanence à l’esprit des concepteurs et des utilisateurs d’une application IA ».

Ces sept questions évoquent notamment les impacts sociétaux, le bien commun, les détournements, la confiance des utilisateurs, l’absence de biais, la délégation et le niveau d’autonomie, les dysfonctionnements, l’actualisation du binôme homme-IA.

« En parallèle des fantastiques progrès qu’ils nous permettent de faire, l’IA et les robots dits intelligents disposent aussi d’un fort pouvoir de nuisance sur notre humanisme ».

« Dans cet esprit, il nous resterait idéalement à développer les thèmes proprement humains :

  • relations humaines, esprit d’équipe, esprit d’entreprise, mimétique, esthétique ;
  • affectivité, valeurs morales, notions de bien et de mal, dévouement, sacrifice ;
  • humour, imagination, intuition, téléologie, prudence, instinct de survie ;
  • tromper, comprendre, avoir des émotions (plaindre, féliciter, douter), avoir confiance ».

[1] J. PIGNAULT, L’Intelligence Artificielle : s’en servir sans s’asservir ! in Les plumes de l’ARA n° 68, décembre 2019, p. 29-32 et C. DESCOUPS, Liberté et intelligences artificielles : rivales ou alliées ? in Mensuel AGEFI Luxembourg, novembre 2019, p. 46

[2] « Liberté et intelligences artificielles : rivales ou alliées ? » Colloque tenu à Luxembourg le 18 octobre 2019 à l’initiative de PETRUSSE ASBL 

[3] Les citations en italique sont extraites de l’article paru dans Les plumes de l’ARA.